X

X

POURQUOI CE SITE

1968 - 14 juillet - Autodafé - un "crime"

x


x


La tête que j'avais à l'époque

De gauche à droite : Bernard Leblanc (section réalisation), Michel Cenet, Richard Copans et moi-même (section images)

Extrait de la séquence vidéo de 68

x

Transcription

(0:04) Vous venez de cliquer sur une photo de Charles Berg. (0:08) Charles Berg était le secrétaire général de l'OCI, l'Organisation Communiste Internationaliste. (0:16) C'est une photo extraite de la première séquence du film que j'ai réalisé en mai 68. (0:23) Un long métrage documentaire qui aurait dû s'appeler Sauve qu'il peut Trotski. (0:29) Pourquoi ce film ? (0:31) D'abord parce que Richard Coppens m'a demandé de former les étudiants de première année en prise de vue de l'IDHEC (institut des hautes études cinématographiques) au cinéma direct. (0:38) J'étais moi-même étudiant en deuxième année. Comme Copans. (0:44) Le cinéma direct, dans les années 68, était déjà courant. (0:48) Mais il n'était pas du tout enseigné à l'IDHEC. (0:51) Et comme Richard Copans avait l'ambition - justifiée, il a très bien fait le boulot -  (0:56) de transformer à la fois le concours d'entrée dans l'Institut et l'enseignement, (1:00) il voulait qu'on fasse un peu la leçon à la direction de l'école : (1:04) puisque vous n'avez pas été capable de nous enseigner cela, (1:07) on va se l'apprendre entre nous. (1:09) Je n'étais pas un grand expert en cinéma direct, (1:14) mais j'avais assez d'expérience pour valoir, sincèrement, (1:17) les profs que nous avions à l'époque en cinéma. Ils n'étaient pas terribles. (1:21) Je n'allais pas faire des exercices, donc j'ai décidé de faire un film, mon film, pour moi.(1:26) Un film qui allait me permettre de comprendre qu'est-ce que ça signifiait, (1:31) tout cette effervescence et tous ces mots que je ne connaissais presque pas. (1:35) Venant d'un milieu rural, Trotski, je ne sais pas vraiment de quoi il s'agissait. (1:38) Moi, je le savais en tant qu'intellectuel, (1:41) mais dans ma famille, on ne parlait jamais de Trotski, on ne parlait jamais de ces choses-là. (1:45) Mao, c'était à 10 000 km, 20 000 km. (1:52) Je ne comprenais pas comment il voulait changer le monde (1:55) en levant le point et en criant « Vive Trotski ! ». (2:00) Je savais, plein de choses, mais je ne vais pas aller plus loin pour l'instant. (2:03) Je savais en particulier que Trotski avait participé à la création des goulags, (2:08) alors que la plupart des gens autour de moi ne savaient pas ce qu'était un goulag. (2:14) J'avais cette inquiétude en moi, (2:17) ; comment vont-ils changer le monde avec des mots qu'on ne connaît pas très bien, (2:22) les tenant et les aboutissants ? (2:25) Voilà, ce film constituait une auto-formation, (2:28) et en même temps, je formais les étudiants de première année en prise de vue au cinéma direct. (2:32) Tout le monde aurait dû être content. (2:33) Il s'agit là de la première séquence.(2:36) Je vais en parler ailleurs de ce film. C'est un film important. (2:39) C'est mon premier film. (2:41) Et son importance tient au fait (2:43) qu'il est écrit en dessous : (2:46) « au-to-da-fé ». (2:49) Ça veut dire que, (2:51) ce film a été détruit comme les nazis détruisaient les livres il y a bientôt un siècle. (2:58) Voilà. Des jeunes trotskistes veulent changer le monde, (3:01) il est interdit d'interdire, (3:03) et ils vont détruire mon film. (3:06) Ça mérite de passer quelques temps à essayer de comprendre pourquoi.(3:13) D'une part, (3:15) si quelqu'un le sait, (3:20) qu'il m'appelle et me dise : (3:22) voilà pourquoi ils ont détruit ton film. (3:25) J'aimerais le savoir. (3:28) Ensuite, en ce qui concerne ma vie personnelle ... (3:33) Je m'apprêtais à devenir un directeur de la lumière. (3:39) Je voulais être un grand directeur de la photo. (3:44) Et après cette histoire, (3:45) j'ai décidé de déserter à tout jamais les studios de tournage. (3:48) Tout ce que j'avais fait pour me préparer à ce métier, (3:52) je l'ai jeté à la poubelle.(3:54) Ces gens ont détruit ma carrière professionnelle (3:57) de directeur de la photo - directeur de la lumière, (3:59) comme j'aimais à le dire-. (4:02) Et puis, j'ai ressenti une blessure profonde. (4:06) Je ne sais pas si vous avez perdu un jour un enfant, (4:09) ou si un proche de vous, a perdu un enfant. Quelqu'un, (4:12)  de proche.(4:15) Moi, j'ai la chance que ce n'est qu'au deuxième degré. (4:17). J'ai des cousins, des cousines, (4:19) qui ont perdu des enfants.  (4:22) et ils ne s'en sont jamais vraiment remis. (4:28) [Pour la perte de mon film] je ne m'en suis jamais vraiment remis. (4:32) Bientôt 60 ans après.(4:38) Voilà. (4:39) Et c'est pour ça que je pose la question : (4:41) pourquoi ? (4:42) Pourquoi "tant de haine" ? (4:45) Pourquoi tant d'imbécilité ?

Documentation ...

... qui me permet, aujourd'hui, d'y voir un peu plus clair, et encore.

L'anarchiste "ni de gauche, ni de droite", que je souhaitais être n'y trouve toujours  pas les réponses à ses questions.

C'est un miracle !

Celui qui avait plus de prix que moi s'appelait Chrétien.

J'étais contant pour lui, parce qu'il n'arrêtait pas de bosser.

Il méritait tous ses prix.


Je préférais lire. Et écrire. Mon roman préhistorique. Inspiré en partie par La guerre du feu de J.-H. Rosny aîné.

Mais pas seulement. Je me souviens qu'il y avait quatre amis inséparables. Comme les trois ...

 

x

Le voilà en action.

J'i oublié son nom.


Comment me suis-je retrouvé au collège de Montdidier ?

"- Grâce à une translation furtive comme celle des reliques de Sainte Foy de Conques.

x

x